Louis Vuitton Keepall 45 vintage restauré

Le bagage ne fait pas le voyage? – Keepall 45 vintage

Pour la saint-Valentin, ma fiancée et moi avons décidé de s’offrir un cadeau commun: un sac Louis Vuitton Keepall 45 d’occasion. Dans cet univers glamour et très féminin, on ne dit plus « d’occasion » mais « vintage » ou encore « pre-owned » voir « pre-loved ». La sémantique joue un rôle important lorsque les prix ne sont plus raisonnables.

Il ne s’agissait pas d’une décision mûrement réfléchie, mais plutôt d’un coup de folie. Je nourrie depuis quelques années une passion pour les malletiers et autres fabricants de bagages. J’aime leur histoire qui me surprends dans les deux sens. Je n’arrive pas à croire qu’on ait attendu la fin du XIXème siècle pour créer des malles plates, donc empilables, et des toiles étanches et résistantes. D’un autre côté, ils font preuve d’une finesse et d’une ingéniosité incroyable lorsqu’ils arrivent à ranger le confort d’une maison dans une malle afin que le voyageur ne manque de rien durant son périple. J’ai probablement été prolixe à ce sujet car ma fiancée a accepté l’idée sans paraître surprise. Elle savait que je craquerai un jour et a beaucoup aimé l’idée du cadeau commun.

Je suis donc tombé, au hasard de mes vagabondages sur internet, sur des sacs Louis Vuitton en vente sur Ebay. Le constat était simple: les seuls modèles dans mes moyens sont vieux et usés. Si le cuir non traité Louis Vuitton est connu pour sa belle patine qu’il prend après quelques années, le manque d’entretien et de soin apporte les mêmes résultats que partout ailleurs: le cuir craquelle et se détériore irréversiblement. Puis je suis tombé sur un sac qui venait de souffler ses trente bougies en Janvier et qui me paraissait correct.

Une pensée me traversa « Je veux un sac qui me dure trente ans et que d’autres trouvent encore beau après ».

Soudain l’image de la touriste asiatique compulsive des champs Elysées m’a quitté et je me suis laissé emporter par l’histoire fabuleuse de cette marque. Je me sentais de taille à relever ce défi et redonner toute sa splendeur à ce sac marqué par les années. Je savais que la recherche qui précède la restauration ainsi que la restauration seraient excitantes! J’aurais l’impression de connaitre un peu mieux une partie de l’histoire de la maison Vuitton et ça me plait!

La recherche des techniques de restauration aurait pu casser mon élan, mais il n’en fut rien. En effet, les vidéos d’américaines susurrants, gourmandes, les mots « Louisse Vouittone » pendant une quinzaine de minute juste pour déballer un sac sont légions. Les discussion sur les forums font rage pour savoir si un « Goyarde Saïnte Louisse » est mieux qu’un Nerverfull. Personne n’évoque l’histoire dans les détails, personne ne met en avant les techniques de confection, ni les matériaux; je trouve leurs arguments superficiels et très éloignés de ce qui me plait. Pire que tout, je ne trouve pas de technique de restauration sérieuse: ils nettoient du cuir propre avec des lingettes pour bébé, passent un coup d’éponge humide sur le monogramme… en PVC, au mieux utilisent du savon moussant pour les intérieurs en tissu. Sur des chaussures Corthay, ils conseilleraient des éponges lustrantes Kiwi? Cherchons encore un peu…

Il faut nettoyer le cuir pour ne garder que la patine liée à l’âge sans l’abîmer. Il faut nourrir le cuir très sec et parfois craquelé sans le faire foncer. Adieu donc huile de pied de bœuf et savon glycériné pourtant si efficaces! Je me suis donc rabattu sur un lait nourrissant et nettoyant similaire à celui que j’utilise pour mes souliers. Toutes les pièces en laiton ont été polies avec un produit similaire au Miror cuivre. Le résultat m’impressionne encore.

Bonne rénovation et bonne Saint-Valentin!

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