D’Arnys au Mans Classic: En tenue de ministre

Un titre légèrement mystérieux pour évoquer deux thèmes qui me sont chers ainsi qu’à notre ancien premier ministre François Fillon: le vêtement et l’automobile.

Le vêtement de tradition française: il fait parti des adeptes de feu la marque Arnys. LVMH fait l’acquisition de cette dernière en 2012 et la marque disparaît sous l’égide cannibale de Berluti. François Fillon pleurera alors cette disparition comme le raconte Lisa Vignoli dans Le Monde à travers cette anecdote:

« C’était en plein imbroglio politique à droite, raconte Serge Moati. Au cours d’un meeting, j’aperçois François Fillon, alors dans l’œil du cyclone.  » (…) Spontanément, Fillon salue Moati, puis mime, avec les doigts, les larmes dégoulinant sur son visage.  » En riant, je lui ai demandé s’il pleurait à cause de Copé (…) Il m’a répondu : – Non, Arnys « 

On ne peut pas pour autant le qualifier de dandy. En effet, il est difficile de lui trouver un style propre; le sien est plutôt emprunté à ses (excellents) fournisseurs. Les fautes de goût sont évitées mais l’audace n’est pas au rendez-vous. Une certaine forme d’humilité? Une confiance aveugle en son tailleur? Un choix de raison lorsqu’on voit l’accoutrement de ses semblables. Serge Moati cité ci-dessus avait aussi ses habitudes chez Arnys avec franchement moins de succès. François Hollande porte des costumes PAP légèrement retravaillés par son retoucheur du XVIIème; une forme d’humilité jusqu’au-boutiste à la vue piètre résultat?

La forestière portée par François Fillon au milieu d’une foule en costume fera beaucoup parler de lui et de la marque. Elle sera analysée par le Point dans le but d’en déduire son prix.

Au milieu des costumes au Fort de Bregancon
Au milieu des costumes au Fort de Bregancon

Des automobiles françaises malgré lui, mais un penchant non avoué pour les italiennes en course. Son père est un inconditionnel Peugeot et contraint de conduire des voitures françaises de part ses fonctions, il penchera donc plus naturellement vers la marque au lion. On le verra ainsi au volant de 405 mi16 dans sa circonscription et à l’assemblé lorsqu’il était député. Il possède encore une Peugeot 306 S16 qu’il admire et se dit prêt à la renouveler avec la 308 GTI qui proposera « enfin » une puissance correcte, c’est-à-dire supérieure à 250 chevaux. Il n’évoque pas sa concurrente la Mégane RS pourtant reine du Nürburgring et égérie des gentleman drivers. Certainement trop voyante.

Il participera trois fois au Mans Classic au volant de très belles automobiles comme la Bizzarrini 5200, l’Alfa Romeo Giulietta SZT ou une BMW M1.

Longtemps resté discret sur cette passion, elle est maintenant connue de tous et l’on trouve même une galerie de photos du Mans Classic sur son blog entre des projet d’emploi des jeunes et de loi sur l’éducation. Lors de son passage dans l’émission Top Gear France il raconte son plus beau souvenir automobile: une semaine sur les routes de Toscane avec une Ferrari 612 Scaglietti prêtée par son ami Luca Di Montezemolo, ancien président de la marque. Force est d’avouer qu’il me parait plus abordable en évoquant la mort de sa R5 Alpine dans un ravin espagnol que lors de son escapade transalpine.

Et puis lorsqu’il n’a pas le temps de pratiquer sa passion, le monde automobile se prolonge à son poignet avec un chronographe Scuderia ventidue de chez I&MT. Avec plus ou moins de discrétion…

 

La passion est vive, mais la raison l’emporte souvent. François Fillon a su composer avec les contraintes afin de faire vivre sa passion vestimentaire et automobile. Avec une autre profession moins exposée, monsieur Fillon aurait vraisemblablement été un dandy driver accompli.

 

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Crédits photographiques:

AFP Photo – JEAN-FRANCOIS MONIER

REUTERS – Gerard Julien

LePoint.fr

Ouest-France.fr

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