La course automobile: Une affaire de femmes?

Au hasard d’internet, alors à la recherche de mes élégants pilotes, je suis tombé sur une page qui m’a beaucoup marqué. Il s’agit d’une brève histoire des femmes pilotes accompagnée d’une liste de noms et de palmarès.

Je suis resté interloqué par cette facette totalement ignorée de l’automobile. Présentes en course dès la fin du 19ème siècle, elles sont contraintes de se retirer des événements majeurs en Europe et en Amérique sous le joug d’une sanction internationale dès 1909. Leur nom ne figurant pas sur la liste des pilotes engagés, leur palmarès est inexistant. Dans les années soixante, le Kenya se prend d’intérêt pour les courses féminines et relance l’engouement mondial.

Néanmoins la situation en France à cette époque semble moins dramatique car plusieurs femmes sont reconnues et admirées pour leurs dons de pilotage. Entre 1920 et 1930, Hellé Nice (de son vrai nom Mariette Hélène Delangle), Odette Siko, Violette Morris ou encore Simone Louise des Forest, jouissent d’une popularité alors même que certaines avouent ouvertement vouloir rivaliser avec des pilotes masculins.

En voiture Simone!

Si certaines d’entre elles connurent des fins tragiques prévisibles comme Violette Morris, tuée pour avoir été espionne et collaboratrice de la Gestapo, ou injustes comme Hellé Nice abandonnée de tous car accusée sans preuve par Louis Chiron d’avoir travaillé à la solde de la Gestapo. Certaines ont laissé des souvenirs plus légers comme Simone Louise des Forest avec l’expression (complète) « En voiture Simone, c’est moi qui conduis, c’est toi qui klaxonnes« . Cette dernière était admirée de Fangio, après avoir conduit une Porsche, une Peugeot de course dans le Rallye du Maroc et une Dyna Panhard, le tout sans accident.

Les expressions de leurs visages reflètent une détermination et une force de caractère absolue sans rien enlever à leur ravissante élégance. Une fois la concentration retombée, un sourire gracieux s’esquisse toujours sur le visage de ces femmes qui ont pourtant du lutter pour assouvir leur passion.

A noter aussi le port de pantalons taille-haute assez amples qui donnent le confort de mouvement et de port nécessaire à des vêtements « techniques » sans rien perdre de la silhouette. Seul le casque œuf moulant le crane et faisant disparaître les cheveux rappelle la prépotence de la sécurité sur l’aspect esthétique.

Violette Morris semble plus masculine même dans la façon de s’habiller. On la voit souvent au volant d’une voiture la cigarette à la bouche ou portant un costume d’homme. Athlète polyvalente, elle aurait subit une double mastectomie dans l’unique but de mieux se glisser dans les cockpits étroits des monoplaces. Pouvait-on seulement douter de sa passion et de son engagement pour l’automobile?

 

Violette Morris lors de courses d'endurance de cycleclar
Violette Morris lors de courses d’endurance de cycleclar

 

Je ne cherche pas à être démagogue ni philosophe, mais leurs histoires m’intéressent car j’aime voir la volonté et l’implication récompensées. Je pense être un homme de valeurs et j’apprécie la persévérance de ces pilotes. J’espère aussi pouvoir écrire un article sur Odette Siko prochainement; affaire à suivre.

 

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Crédits photographiques:

Carte d’identité – http://2-bp.blogspot.fr/

Hellé Nice – http://f1.imgci.com/

Odette Siko – http://speedqueens.blogspot.fr/

Violette Morris – http://jalopnik.com/

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