Musée Henri Malartre : Rêve, liberté, vitesse, luxe, élégance, innovation

Situé à la Rochetaillée-sur-Saône à côté de Lyon, le musée Henri Malartre est décrit par les six mots suivants (cf site du musée) :Rêve, liberté, vitesse, luxe, élégance et innovation. Si le programme semble extrêmement audacieux, les premiers échos étaient prometteurs : Une partie de la collection se trouve dans un château du XVème, spécificité unique au monde, parait-il. De plus la collection présentée est surprenante car très hétéroclite : on navigue entre grand-bi, véhicules d’avant guerre, Mercedes 300SL et même un tram lyonnais! Ce dernier point m’inquiétait un peu. Je ne suis pas le plus friand des véhicules dits « ancêtres » (avant 1905) et « vétérans » (1905 – 1918). Ils sont très instructifs quant à l’évolution de l’automobile, mais leur ligne tient encore trop de la voiture attelée à mon goût.

Prêtons-nous donc à un exercice et essayons de comprendre si les six mots sus-cités correspondent bien à ce musée.

 

Rêve

Le château évidemment. On s’y fait tellement bien qu’on oublie de le regarder lors de la visite. On se déplace sur un très beau parquet, les plafonds sont hauts, les cheminées sont grandes (et équipées de poêles), mais la mise en valeur des véhicules est laborieuse : Peut-être l’éclairage n’est-il pas suffisant, mais je suis moins impressionné que lors de ma visite du musée Matra, pourtant très simple.

 

Liberté

Liberté de circuler partout où l’on désire se rendre grâce à la fiabilité et le confort croissant des modèles, mais aussi liberté de choix entre des modèles que tout oppose à l’image de la magnifique 300 SL et la petite Isetta (toutes deux fabriquées entre 1954 et 1957).

 

Vitesse

Au hasard d’une cheminée, un buste laid mais très drôle a attiré mon attention. Tête dans le volant, cheveux ébouriffés par le vent, comment mieux illustrer la vitesse?

Buste en bronze d'un pilote cheveux au vent
Buste en bronze d’un pilote cheveux au vent

Luxe

Les matériaux utilisés sur les véhicules les plus anciens sont d’une extrême noblesse: cuivre, laiton, bois. Un simple radiateur ou un dispositif de graissage devient une œuvre d’art. Tout cela tranche avec le sempiternel plastique omniprésent dans nos voitures plus récentes. Un peu plus loin, sur des automobiles plus confortables et rapides, on trouve des malles à bagages: c’est le début des voyages en automobile. Les plus grands malletiers transforment alors leurs collections pour répondre à ce nouveau besoin.

Elégance

La Maserati A6G 54 cabriolet Carrossée par Frua. Jamais restaurée, elle est magnifique!

Maserati A6G 54 Frua
Maserati A6G 54 Frua

 

Innovation

Le musée est chronologique. On peut donc suivre pas-à-pas l’évolution de l’automobile en général. Mais certaines pièces sont d’une modernité surprenante à l’image de ce moteur à architecture W12 alors que les matériaux utilisés sont encore le cuivre et le laiton. Une architecture prestigieuse et rare qu’on retrouve bien plus tard sur la Bugatti Veyron avec son moteur à 16 cylindres.

Moteur W12 en cuivre et laiton
Moteur W12 en cuivre et laiton

 

 

 

Suite à la visite de ce musée, un étrange sentiment m’habite: j’ai vu des merveilles dans un cadre splendide, mais je ne me suis pas extasié pour autant. Le musée est intéressant et extrêmement bien fourni. Il convient aussi au plus grand nombre car il retrace toute l’histoire automobile et ne se fixe pas sur des détails de passionnés. Et c’est probablement par là où le bât blesse: Cette grande variété associée à l’espace confiné du château ne permet pas la mise en avant correcte des modèles; l’ensemble semble légèrement désuet.

 

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