Rétrospective sur le gentleman driver

Le dandy-driver est un néologisme nécessaire qui introduit une différence significative avec le terme de gentleman-driver. En effet, le gentleman-driver n’a plus rien de gentleman et ce terme est utilisé pour créer l’opposition avec les pilotes professionnels : le gentleman-driver supporte la charge financière inhérente aux courses automobiles.

Ainsi le dandy-driver réintroduit les notions d’aventure, d’audace, de savoir-vivre et surtout d’élégance : des mots qui trouvent un doux écho dans l’oreille d’un passionné d’automobiles et d’élégance vestimentaire.

Vous trouverez ci-dessous un extrait du site internet du pilote italien Massimiliano Clerici qui retrace un historique concis de la terminologie gentleman-driver (j’ai pris soin de reprendre certaines tournures de phrases ; le paragraphe écrit en italien étant traduit en anglais, puis français, puis espagnol, quelques maladresse s’y étaient glissées) :

 

« Le gentleman-driver est un pilote de course automobile.

Cette définition est principalement utilisé à partir de la fin du XIXe siècle, pour indiquer les passionnés de voitures appartenant à des familles de haut rang, qui contrairement à l’usage, préfèrent conduire leur voiture personnellement. L’activité en question n’était pas convenable pour un aristocrate à l’époque et était généralement confiée à un chauffeur.

L’expression a néanmoins des racines plus profondes et, avant l’avènement de l’automobile, a été utilisée pour décrire les jeunes gens de bonne famille qui circulaient dans les rues des villes avec des calèches à chevaux très rapide. Ils menaient une vie insouciante de fêtards et coureurs de jupons, d’où le dicton italien «courir la pouliche» (correre la cavallina en italien dans le texte).

Depuis les débuts de l’automobile, et pendant de nombreuses décennies, les gentlemen-drivers étaient les principaux acteurs de l’industrie du sport automobile, gaspillant souvent d’immenses richesses pour tenter de faire une voiture plus rapide que la précédente ou appliquer une nouvelle solution technique.

Le plus important et célèbre gentleman-driver est certainement le comte français Jules-Albert de Dion, qui s’est avéré être un pilote passionné, mais aussi un inventeur génial et entrepreneur de talent.

Parmi les gentlemen-drivers italiens je me souviens de mes amis Turin Emanuele Bricherasio et Cesare Goria Gatti qui ont fondé ensemble la société Ceirano et FIAT, ou des amis d’université James Padua Miari et Francesco Giusti qui ont fondé le premier constructeur automobile italien en 1894.

Dans les sports, parmi d’autres gentleman-driver, n’oubliez pas le français André Dubonnet qui, dans les années vingt, a été emballé par la course et les voitures de rêve comme la «Tulipwood» ou, plus récemment, le comte Giannino Marzotto, généreux client d’Enzo Ferrari et pilote de courses prestigieuses comme les Mille Miglia qu’il a remporté en 1950 et 1953, franchissant la ligne devant des redoutables concurrents comme Fangio et Bonetto.

Le gentleman-driver est maintenant tout simplement un synonyme de non-pilote professionnel, depuis le sport automobile, en raison des coûts élevés, est essentiellement pratiquée par des personnes de haut rang familles qu’ils portent le fardeau financier. »

 

Lorsqu’arrive le paragraphe traitant des généreux mécènes qui étaient aussi pilotes, on ne peut s’empêcher de penser aux Bentley boys qui ont poussé la marque en compétition et été moteurs de l’innovation. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement et qui fera l’objet d’un article ultérieurement. J’aime cette prise de position partisane qui ne relève plus simplement du choix logique mais plus du choix passionnel. De plus ils n’oubliaient pas leur envie farouche de gagner ce qui les forcera à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Face à l’ambivalence du terme gentleman-driver, J’ai donc crée dandy-driver afin d’extraire ce qu’il y a de plus beau dans le monde automobile et le monde vestimentaire. Des passions qui poussent à la recherche de la perfection, au dépassement de soi et au dégout du vulgaire.

 

logo

Laisser un commentaire